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Les pododermatites impactent négativement l’économie dans la filière volaille. La technique comme facteur clé

Les pododermatites correspondent à des lésions cutanées au niveau de la région plantaire ; cela va d’une décoloration de la peau à des ulcères dans les cas les plus graves. Elles sont devenues un des paramètres dans les notations de bien-être des volailles (pondeuses, poulets, dindes...). Au-delà de ces considérations, les conséquences des pododermatites sur les performances économiques dans les filières avicoles sont souvent négligées. Mais elles sont bien réelles !

Exemple d’évolution des pododermatites dans le temps dans un élevage de poulet standard sur litière - paille broyée

Frise pododermatites lesion coussinet plantaire de 1 a 32 jours

Différentes méthodes de notation (ou scoring) et de monitoring existent. L’une d’elles est présentée ci-dessus. A tout moment de l'élevage ou de l'abattage, une centaine de volailles (choisies aléatoirement) sont notées. Une note globale permettant d'évaluer l'élevage est ensuite calculée selon la formule de FPS ou Score Pododermatites :Formule de FPS ou Score Pododermatites

On obtient alors une note finale qui varie de 0 à 200 : on obtient 0 lorsque 100% des volailles ont eu une note 0 (situation optimale) et 200 lorsque 100% des volailles ont eu une note de 2 (situation à éviter).

Les facteurs environnementaux sont déterminants dans l’émergence, la gravité et la gestion des pododermatites. Parmi tous les facteurs environnementaux qu’il convient de surveiller, nous pouvons retenir la qualité et le type de litière utilisée, la gestion du système d’abreuvement ou la gestion de la ventilation et des paramètres d’ambiance. Il est aussi possible de limiter l’incidence par la nutrition.

1. Le type et la qualité de litière utilisée en élevage de volaille

Litiere paille broyee a arrivee des animaux pododermatites

Différents matériaux comme substrat de litière n’aboutissent pas aux mêmes résultats. Les éleveurs doivent faire leur choix en fonction des qualités et défauts de chaque litière mais aussi de leur prix.

Le type de litière, sa présentation et la taille des particules la composant jouent un rôle déterminant dans la capacité de celle-ci à absorber l’eau et la retenir.
Une litière de type copeaux de bois peut contenir jusqu’à 450 % d’eau (soit 4,5 fois son poids en eau). Généralement, plus les particules sont fines, plus la surface disponible en contact avec l’environnement est grande donc plus elles retiennent l’eau rapidement et longtemps. Par exemple, l’absorption de l’eau est meilleure avec une paille défibrée coupée courte (250% d’absorption) qu’avec une paille entière (100%). Le granulé de paille a aussi des qualités intéressantes car ses constituants sont broyés finement (400% d’absorption).
Toutefois, plus la granulométrie de la litière est fine, plus elle a tendance à s’agglomérer pour former des “croûtes” / “plaques” de litière, surtout autour des zones d’abreuvement et d’alimentation.

L’humidité de la litière est le principal facteur associé à l’apparition et à la gravité des pododermatites. En 2009, Bilgili et al. ont démontré qu’à des niveaux d’humidité faibles, les scores de pododermatites associés sont faibles. La manière de stocker le matériau influence grandement sa teneur en humidité : une paille broyée est généralement à 13 % d’humidité mais peut passer à 20% si elle a été stockée au champ et qu’il a plu.

*Trucs et Astuces :

  • Préférer une litière Saine, Sèche et Souple avec des particules de taille < à 4 cm, peu compactante.
  • Travailler la litière au plus tôt pour l’aérer permet d’optimiser l’investissement initial.
  • Stocker la litière dans un local spécifique à l’abri de l’humidité et de sources d’eau.

2. La gestion du système d’abreuvement et de la qualité de l’eau

La conception et la gestion du système d'abreuvement joue un rôle majeur dans la teneur en humidité de la litière.
La hauteur des lignes de pipettes ou des abreuvoirs ainsi que la pression ou la hauteur de l’eau doivent être gérées correctement. Une hauteur de ligne trop basse ou une pression trop importante entraîne un gaspillage d’eau, et par conséquent une augmentation de l’humidité de la litière. Mais une hauteur d’eau trop haute ou une pression d’eau faible diminue la prise alimentaire et altère alors les performances. Il faut un bon compromis.
La qualité physique, chimique et bactériologique de l’eau joue un rôle important sur l’humidité des litières. L’eau contient de nombreux minéraux (Manganèse, Fer, Iode, Calcium, Sodium, Chlore, etc). Si un ou plusieurs de ces minéraux se retrouvent en excès, cela peut avoir des conséquences sur l’intégrité digestive des animaux. La qualité sanitaire de l’eau est aussi à surveiller. La présence excessive de bactéries ou de biofilms peut aussi influencer la santé digestive. Si la santé digestive des volailles est dégradée, la rétention d’eau est limitée et les litières sont plus rapidement humides, favorisant alors les pododermatites.

*Trucs et Astuces :

  • Adapter la hauteur des lignes d’eau régulièrement en fonction de la hauteur des animaux.
  • Adapter la quantité d’eau disponible avec du matériel et un débit adéquat.
  • Analyser et suivre la qualité de l’eau de boisson.
  • Répartir uniformément le matériel sur la surface du bâtiment.
  • Changer de place certains équipements quand c’est possible (abreuvoirs en Dinde par exemple) pour gérer les zones “sales”  et les zones “propres”.

 3. La gestion de la ventilation et des paramètres d’ambiance

Une ventilation adéquate permet de fournir un air frais, de limiter l’accumulation de gaz nocifs pour les volailles (ammoniac, monoxyde de carbone) et de supprimer l'excès d’humidité issu de la respiration des animaux, des fèces, de la litière ou du matériel de chauffage. Il est ainsi préférable d’avoir des chauffages dont la combustion se fait à l’extérieur du bâtiment et d’utiliser des échangeurs d’air en période de chauffage. Pour une bonne ventilation, l’humidité relative est un bon indicateur. Il faut veiller à ne pas dépasser 70% la première semaine d’élevage, pour éviter la déshydratation des volailles d’un jour et l’excès d’eau, puis 50 à 60% au-delà. 

*Trucs et Astuces :

  • Surveiller les paramètres d’ambiance comme le niveau de CO2 (seuil maxi de 3 000 ppm en Poulet de chair et 2 500 ppm en Dinde de chair).
  • Si des “croûtes” ou des “plaques” de litière apparaissent, c’est un indicateur de ventilation non-optimale.

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Vous avez maintenant les clés techniques pour limiter les pododermatites en élevage avicole. Si vous voulez plus d'informations, n'hésitez pas à solliciter nos experts !

 

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